Loire - Justice
il y a un an , le match Grenoble-ASSE avait été émaillé par des incidents entre supporteur s / archives du Progres
Seul l’un écope de deux mois ferme, et sa peine pourra être aménagée. Les quatre autres sont condamnés à du sursis. Tous sont interdits de stade pour deux ans minimum
Le tribunal correctionnel de Saint-Etienne est allé en dessous des réquisitions du parquet, hier, lorsqu’il a prononcé les peines à l’encontre de cinq supporteurs de l’ASSE. Ceux-ci étaient poursuivis pour les incidents qui avaient émaillé le match de football Grenoble-ASSE, le 16 janvier 2010 (voir nos éditions du 5 janvier).
Lors du procès, il y a quinze jours, le parquet avait requis de lourdes peines : de six mois avec sursis à huit mois ferme. Des peines qui avaient estomaqué les avocats de la défense. Car les cinq supporteurs, âgés de 22 à 52 ans, sont parfaitement intégrés socialement, avec un travail et une vie de famille bien rangés.
Hier, seuls deux d’entre eux sont venus prendre connaissance de la décision du tribunal. Avec un certain soulagement puisqu’ils évitent la prison ferme : poursuivis pour des outrages et des violences, ils écopent de deux mois avec sursis et de 300 euros d’amende. Même peine pour un troisième prévenu, qui est en revanche relaxé pour « provocation à la haine ou à la violence » (il lui était reproché, en plus des violences, d’avoir harangué la foule). Par contre, pour tous les trois, le tribunal a prononcé une interdiction de stade de trois ans.
Un quatrième prévenu, poursuivi pour avoir jeté des sièges sur les CRS, est condamné à trente jours-amendes à 20 euros ; il est interdit de stade pour deux ans. Enfin le cinquième, à qui était reproché le vol du percolateur, écope de la peine la plus lourde : deux mois ferme et deux ans d’interdiction de stade. Mais comme l’avait souligné la substitut du procureur lors de ses réquisitions, sa peine pourra être aménagée (il pourra l’effectuer, par exemple, avec le port d’un bracelet électronique).
A noter que certains des supporteurs sont, en plus, condamnés à verser des dommages et intérêts à deux policiers qui avaient porté plainte, et que l’un devra verser 167 euros à la mairie de Grenoble pour la destruction de six sièges. Quant à la nullité de la procédure qui avait été soulevée par certains avocats, le tribunal ne l’a même pas évoqué…
Jean-Hugues Allard